Kasbah berbère
Forteresses de terre crue dressées au cœur des vallées, les kasbahs racontent à elles seules l'histoire du Sud marocain. Leurs hauts murs ocre, leurs tours d'angle crénelées et leurs motifs géométriques gravés dans le pisé témoignent d'un savoir-faire transmis depuis des siècles, où l'on bâtissait des palais entiers sans une seule pierre, uniquement avec la terre du lieu, mélangée à la paille et séchée au soleil.
Beaucoup de ces kasbahs, et les ksour (ces villages fortifiés), gardaient autrefois les routes caravanières qui remontaient du Sahara chargées d'or, de sel et d'épices. Elles servaient à la fois de refuge, de grenier collectif et de démonstration de puissance pour les grandes familles qui contrôlaient les vallées, comme les Glaoui. Le long de la vallée du Drâa ou de celle du Dadès, on en croise des dizaines, certaines encore habitées, d'autres lentement rendues à la terre dont elles sont nées.
La plus célèbre, Aït-Ben-Haddou, dresse ses tours au-dessus de l'oued depuis le Moyen Âge et est aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Non loin, Ouarzazate est devenue une petite capitale du cinéma : ses kasbahs et ses décors ont servi à des dizaines de grands films et de séries. On roule là où d'autres ont imaginé des mondes entiers.
En croiser une au détour d'une piste, se garer un instant au pied de ses murs, c'est toucher du regard des siècles d'histoire, un contraste saisissant avec le grondement de nos motos modernes. C'est aussi ça, le Maroc : rouler vite dans un pays qui, lui, a pris son temps. Mes itinéraires →
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